Il m’arrive parfois en expliquant des concepts ou des parties de cours en mathématiques de voir des visages hébétés ou de lire parfois des horreurs.
C’est pourquoi je vais remettre un peu les choses à plat calmement.
Avant toute chose, en maths contrairement à toute autre discipline on cherche une rigueur qui coupe court à toute interprétation. Les matheux fuient les discussions. C’est pourquoi même leurs mots sont rangés, triés, et écris après une mûre réflexion.
Il m’arrive d’entendre des : « mais c’est pareil un Lemme et un Théorème ». Ou alors « pourquoi il parle de conjecture si c’est un théorème ? »
Il faut comprendre qu’un Lemme est un calcul pénible qui peut se réutiliser dans une autre théorie, mais avant toute chose çà sert immédiatement après dans la démonstration d’un Théorème. C’est, pour faire simple, une astuce technique longue, périlleuse à démontrer qu’on utilise dans une démonstration de théorème.
Alors qu’un Théorème ne peut s’utiliser que dans la partie des maths dans laquelle il est énoncé. On voit clairement qu’un théorème de probabilité n’a pas sa place dans une théorie d’analyse des fonctions holomorphes... De plus un théorème se compose de 2 parties distinctes (et NON miscibles!! même quand on agite très fort!!! et qu'on le retourne):
- les hypothèses
- Les conséquences des l’hypothèses dans la théorie.
Enfin, une conjecture est une propriété dans exercice que l’on pense vraie mais qui ne se démontre pas et qui en plus n’est pas généralisable.
Exemple
Lemme : (a+b)²=a²+2ab+b²
Démonstration il suffit de développer (a+b)(a+b) et de ranger les termes.
(oui je sais pas cela n’est pas technique du tout mais j’ai que çà sous la main !! )
Théorème si ABC forme un triangle rectangle d’hypoténuse C dans un plan orthonormé alors a²+b²=c².
Preuve : considérons le carré (ABCD) mettons un autre carré (EFGH) dans (ABCD) tel que les sommets de (EFGH) soient sur (ABCD) et les barycentres de (ABCD) et (EFGH) soient confondus. Posons c la longueur des cotés de (EFGH). On remarque que chaque coté de (ABCD) est coupé de manière identique en deux parties que l’on notera a et b. On voit alors que l’aire de (ABCD) =(a+b)²=aire (EFGH)+ 4* aire du triangle (EFA).
Par le lemme on a que (a+b)²=a²+b²+2ab
Aire de (EFGH)= c²
Aire de (EFA) = ab/2.
Donc en résumé on a :
a²+b²+2ab=c²+4ab/2
d’où a²+b²=c²
CQFD
Exemple de conjecture :
Si on définit Un n€N de la sorte : Un+1 = {Un/2 si Un est paire et 3Un+1 sinon } alors quelque soit U0, la suite Un est une suite bornée et convergente.
bon alors çà c'est impossible à démontrer, bien que çà paraisse très con comme çà.
Suite à un petit problème de mise en forme, le cours de langues mathématiques a dû être reporté. Mais rien d’important. Une fois que je comprendrais comment inscrire le métalangage sur un blog grâce à Latex vous aurait la suite.
désolagementation
On me demande souvent pourquoi la théorie de la mesure est pour moi la plus jolie théorie des mathématiques…
Il m’est impossible de répondre simplement. Seulement à la différence de Riemann, le cas d’une fonction intégrable est beaucoup plus intuitif et plus général, voire un peu plus facile pour un esprit tordu comme le mien. Comprenez par là que l’intégrale de Riemann ne fonctionne que sur des segments de R ou pavés de Rk, alors que pour la théorie générale de l’intégration on intègre implicitement sur tout l’espace mesurable puis si après on souhaite avoir un ‘segment de R’ on multiplie la fonction par une indicatrice.
Pour comprendre ceci il faut comprendre 2 choses essentielles :
Primo : on trouve des propriétés non pas sur tout un espace mais, et c’est plus fort encore, sur toute tribu composant l’espace. D’ailleurs un espace Ώ est dit mesurable si une tribu, le ‘parcourt’, le terme est impropre mais résume assez bien.
Secundo : Imaginez vous chez votre boulanger préféré, vous devez payer votre baguette de pain, pour cela que faites-vous sans même réfléchir ? vous prenez les pièces dans un ordre précis, par exemple pour payer 2.99€ vous sortez une pièce de 2 €puis après 50centimes, ensuite 2 pièces de 40 centimes, une de 5 centimes et 2 de 2 centimes (çà c’est l’integrale de Lebesgue) alors que Riemann lui ouvre son porte monnaie, et donne les pièces telles qu’elles sortent, sans logique apparente, ce qui peut prendre pas mal de temps pour le règlement de la baguette….
Mais ceci n’est pas tout. La théorie de l’intégration, permet de permuter beaucoup plus facilement les limites, intégrales.
La théorie est si riche et excitante que je vais, après avoir ré-expliquer un peu plus le langage mathématiques, tenter une vulgarisation… qui aux vues de ce petit texte risque d’être très long car il faut développer des notions : d’ensemble, de tribu, d’espace, de borélien, tribu engendrée etc… en y allant par étapes çà devrait être possible.
En donnant un cours à une élève d'un niveau quasi débutant sur les entiers en général, je fus interpellé violement par cette missive : « qu’est ce qui me prouve que les négatifs ils existent vraiment ? moi j’achète jamais moins trois pommes ! je ne les vois jamais ces chiffres là. »
Ma réponse fut classique : « oui mais quand tu fais une soustraction, tu additionnes un nombres négatifs à un nombre quelconque. Donc quand tu achètes tu paies et donc ajoutes moins 2 euro dans ton portefeuille».
Pourquoi cette vision du monde (l’existence des négatifs) semble t elle erronée pour beaucoup de jeunes étudiants.
Je ne voudrais pas leurs donner raison mais il faut avouer que les négatifs tels qu’on les perçoit en mathématiques ne sont pas visibles dans une rue ou je ne sais où. Malheureusement en maths on aime bien passer par des objets à première vue complètement inutiles et absurdes voire irréels mais qui in fine offrent des applications puissantes et très pratiques. Je ne citerai que les négatifs, les transcendants, les irrationnels, les imaginaires, les dérivées etc…
Je pense que de nos jours on cherche trop à trouver une utilité rapide aux choses et une « image » à tout. L’homme moderne se refuse de penser que quelque chose puisse être inutile mais intéressant ou beau. Peut être est ce une règle tacite du capitalisme : l’inutilisable rapidement est inutile ; ce qui ne ramène pas d’argent tout de suite ne mérite pas d’être regarder. Le plus dangereux dans tout çà est le bourrage de crâne discret fait aux enfants : « si çà n’a pas de fonction tout de suite, alors çà ne sert à rien ».
Dommage car les maths peuvent faire des miracles tout en restant inutiles à qui sait les comprendre et jouer avec.
Dans la semaine, suite aux conseils répétés d’un ami, je me suis aventuré dans un livre d’économie. Après quelques pages de doutes sur les propos de l’auteur, je vois une explication plus habituelle pour moi.
Les arguments étaient a peu près ceux ci :
On sait que l’individu 1 va devoir maximiser sa fonction (note : ici la fonction est une fonction f : ([0,1]x[0,1]) -->R²) alors je sais qu’il faut la dériver.
L’économiste pas gêné déjà de sa première erreur dérive joyeusement conclu: pour maximiser f il faut nécessairement que l’on ait f ’(x)=0. (ah bon premier choc pour moi).
Sa fonction devait être du style f(x,y)= axy+bx+cy. Il dérive par rapport a x, obtient : ay+b et résout : ay+b=0.
Là déjà je comment a me dire : comment un mec peut oser salir les maths comme çà !
Il trouve normalement y= -b/a, et conclut que f(x,y) est maximale quand y = -b/a.
Je me demande quelle est la logique de l’auteur ? car si il dérive par rapport a x, il doit trouver que « le maximum est atteint pour un x= constante » et non un y=constante.
Bien que les calculs soient très justes, je me permets rappeler comment on fait:
On voit premièrement que la fonction est définie sur un compact, qu’elle est continue, donc forcément elle est bornée et atteint ses bornes. Mais là où l’attirail mathématique s’arrête c’est bien ici. Pourquoi allez vous me dire. Simple on remarque que f(x,y) est une affine pour x donc pour faire simple on peut écrire le comportement de f par rapport a x comme suit Ax+B avec B=cy et A=(ay+b).
De là on en déduit que f(x) est strictement croissante ou décroissante en fonction du signe de A (tout de même différent de 0).
Si A>0 le maximum de f(x)≤f(1) et si A<
En procédant de même pour f(y) on trouvait une solution identique.
Maintenant ses points sont ils vraiment des maxima locaux ?
Pour cela je note fx= la dérivée seconde de f par rapport a x et fy la dérivée seconde par rapport a y et fxy la fonction une fois dérivée par x et après redérivée par y (bien sur on aura pris soin avant de dire que f est bien de classe C² et que fxy=fyx car sinon on dirait de grosses énormités ! )
Et on regarde le signe de fx≠0 et fxfy-(fxy)² ≠0 (tout ceci est issu d’un développement de Taylor à l’ordre 2) et là on peut conclure que le maximum est atteint pour l’un des couples de points{(0,0)(0,1)(1,0)(1,1)} en fonction du signe des signes de Ax et Ay…
Je ne traite pas le cas A=0…ce qui est bien loin du –b/a non ?
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