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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 00:00

L’allégorie est très bien construite. La foule utilise un fait, somme toute sporadique et non représentatif, pour épancher sa haine, sa soif de sang, au lieu de chercher à comprendre les raisons du crime. La compréhension d’un crime et du criminel permet de cerner les gens pouvant présenter ce comportement tendancieux de manière à accélérer les enquêtes ayant attrait à ce type de crime. Bref la compréhension améliore l’Homme et sa vie.

Une discussion s’engage entre le meneur et l’avocat. Le premier ne veut pas que le meurtrier ait un avocat. Pour cela, il utilise une vieille ficelle de rhétorique a savoir le dégoût de la masse pour que l’avocat se retrouve dans une situation peu enviable. L’avocat justifie la dignité d’un tribunal qui défend autant les coupables que les victimes. Après tout, personne n’est a l’abri d’une erreur, encore moins la justice. Et puis pourquoi appliquer aux condamnés ce qu’on leur reproche : la sauvagerie ?

Une fois cette épreuve de force finie, le passage par les armes est demandé par le meneur immédiatement suivi par la foule en liesse.

D’ailleurs la liesse de la foule contenue dans ce si petit espace, est non sans rappeler l’oppression d’une partie du peuple allemand dans le délire conduisant à l’arrivée du parti Nazi au pouvoir. Les longues journées où M Hitler parlait et où la foule devait se tenir bien droite, et le bras tendu tout le long du discours… et les joies du peuple qui croyait au miracle nazi après des longues années de récession économique, où les salaires était divisés de mois en mois, où l’inflation et le chômage grimpaient plus vite que les températures d’un mois de juin…

De même que la tenue du meneur, fait immédiatement penser a une tenue de la Gestapo, on ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : « pourquoi le meneur, qui parait être ouvert à la discussion, en voyant le manque d’espace, n’use pas de sa force de persuasion pour palier au manque de place en faisant s’asseoir des personnes devant les barrières ou a proximité de l’avocat ? » Peut être est ce du a son anticipation de victoire et a l’évincement du vieille homme de sa chaise une fois le simulacre de procès clos. Parallèle important : cet homme est celui qui se fait brocarder une fois juste avant dans une scène où il demande l’heure a une enfant et s’inquiète de la voir dehors seule malgré les risques. De même que le vieux monsieur fait immanquablement penser au président de l’Allemagne de l’époque, Paul von Hindenburg.

Cette scène est la plus belle anticipation du malheur qui surviendra, et la meilleure analyse de la montée du nazisme dans les années 1930. Chaplin bien après fera lui aussi une analyse intéressant mais absolument pas visionnaire du drame.

Par Evariste Galois - Publié dans : Bibliothèque, livres, monde des mots
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