Pierre Vigoureux passe en revu nombre de méthodes pour cacher ses correspondances privées, en faisant toujours un point historique, en mettant aussi en avant le point fort et point faible de chaque méthode, ce qui prouve au moins que l’auteur n’est pas un donneur de leçon, comme auraient tendance a le faire pas mal d’ouvrages sur ce sujet.
Malgré tout une chose m’a particulièrement gêné. Dans le tout premier chapitre l’auteur tente de justifier l’usage de ces méthodes. Malheureusement, la rhétorique utilisée et l’argumentaire un peu trop grossier me laissent perplexe. En effet, son cheval de bataille est de dire : « Tout le monde vous veut du mal, cachez vous pour vivre heureux. Tous les hommes politiques sont des vendus. » (ce n’est qu’un point de vue condensé). Une remarque s’avère quand même très pertinente je me permets de vous la citer :
- pour la chimie, ce fut l’utilisation de gaz mortels lors de la première guerre mondiale
- pour la biologie, l’élaboration de théories racistes
- la médecine fut pervertie par les expérimentations humaines menées par le régime nazi.
- la physique par la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki
L’informatique n’a pas encore été déflorée. Ne la laissons pas perdre son innocence. Protégeons la en nous protégeant " (Cryptographie libertés individuelles et codes secrets, de Pierre Vigoureux, Ed Ellipses, jan 2006)
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si le premier chapitre laisse croire que je puisse penser que « Tout le monde [nous] veut du mal » et que « Tous les hommes politiques sont des vendus », alors je me suis mal exprimé.
Mon intention est simplement de faire remarquer que nous passons, de façon indolore (car nous n'en sommes pas toujours conscient) d'un régime de « liberté » à un régime de « liberté surveillée ».
La technologie est là, utile, pratique mais elle a aussi sont revers.
Et, de même qu'il n'existe pas d'armes inventées par l'homme qui n'aient été un jour utilisées, je crains qu'il n'y ait pas non plus de possibilités technologiques dont l'homme renonce à se servir.
Par ailleurs, si la France est une démocratie, il existe de nombreux pays où la liberté d'écrire, de penser n'est pas encore acquise. Dans certains d'entre eux, les problèmes que j'évoque dans le premier chapitre sont hélas une réalité.
Bien cordialement,
Pierre Vigoureux