Au détour d’une pile de livres dans ma librairie préférée, je suis tombé par le plus grand des hasards sur un roman dont la couverture me paraissait alléchante : la câlineuse. (en voici d’ailleurs la preuve)
J’ai été très surpris par ce livre. Déjà c’est un auteur oublié au style puissant et racé. Bien sur le niveau de langage est celui du 19ième siècle, donc un peu vieillot mais malgré une histoire simple, et des héros complexes, ce livre est très agréable, riche en rebondissement. De part son style rapide, précis où s’exprime la richesse de la langue de molière, je ne recommanderais pas ce livre à tout le monde.
Un résumé de l’histoire en quelques mots serait : quand l’amour devient une passion et fait perdre la raison aux hommes.
On est baladé dans un Paris mondain et artiste de la fin du 19ième. La bagatelle y est suggérée sans jamais être explicitement mis en avant une seule fois. Cà rend le livre et le propos encore plus émouvant et sensuel.
Du coup, la loi des séries me régissant, je vais immédiatement lire toute l’œuvre (très courte) de Hugues Rebell alias Geogrges Grassal de Choffat.
Une châsse. Voila un drôle de mot ! Quand on sait que les accents circonflexes sont les pierres tombales de s qu'on ne prononce plus comme Hôpital, qui était Hospital (d'ailleurs on a toujours Hospitalité et Hospice), on peut se poser la question légitime de l'accent circonflexe ici. Jadis avions-nous : chassse? non absolument pas, puisqu’il dérive du latin capsa : caisse. Alors pourquoi un pareil accent ? peut être pour indiquer que la prononciation doit être longue… allé, j’arrête ici mon problème métaphysique sur le pourquoi de l’accent circonflexe ici… pour vous donner une illustration du mot.
Un livre très interessant, même si je l’ai trouvé très dur pour le lecteur. L’auteur ne nous épargne aucune scène pénible de la vie quotidienne des SS. Le fil psychologie se voudrait de Dostoïevski mais hélas, on ne peut pas travailler la description des horreurs et la psychologie du personnage. Le héros se cherche, et tente de survivre au paradoxe (souvent mortel) : homosexuel et Waffen SS.
On ne peut rester de marbre quand on sent le personnage qui au fil de l’histoire s’émeut de moins en moins de sa besogne. Au début lui et d’autres généraux refusent certains ordres, mais contraints et forcés ils exécutent. Ce geste suprême se banalise. Les exécutions se rationalisent. La dernière flamme d’humanisme qui pouvait encore étinceler dans ces hommes disparaît rapidement.
Le livre reste malgré tout très intéressant et permet d’entrevoir le mécanisme interne qui a permis l’apogée du nazisme et surtout sa pérennité durant toute la guerre…
Pour une fois qu’un livre d’une bonne qualité reçoit un prix, ne nous privons pas !
Etant un habitué des transports en commun, comme la majorité des parisiens (au sens large), j’ai coutume de lire et d’observer les gens autour de moi pendant mes déplacements.
Généralement mes compagnons d’infortunes dans les trains de grandes banlieues passent leurs temps de voyage à bouquiner, finir (ou finaliser) un document de travail, jouer aux cartes, ou échanger entre habitués les ragots de leurs sociétés et les derniers potins du tout Paris !
Aujourd’hui, comme tous les jours donc, je me calle dans mon petit siège de train, je me mets à l’aise pour me plonger avec délectation dans l’ouvrage qui m’accompagne. Le tintement de la cloche me surprend, auquel s’ajoute une secousse annonciatrice du démarrage de la rame.
Le train prenant sa vitesse de croisière rapidement, je me replonge avec la même vitesse dans ma lecture. Un quart d’heure après mon départ, je me mets à observer les gens. Je reconnais les habitués. Mon regard est immédiatement attiré par une fille du wagon, lisant son livre avec passion. Une telle passion qu’elle vibrait à chaque ligne ou phrase. Elle vibrait tant qu’elle se mît à pleurer lors d’un grand passage sentimental.
De la voir, çà m’a fait plaisir et redonner du baume au cœur. Non parce qu’elle eut pleurât, mais bien parce qu’elle fût transportée par son roman. Je lui dédis ce billet. Même si mon esprit cartésien me pousse à calculer la probabilité que cette fille le trouve, probabilité qui est très proche de 0 !
Quoi de plus beau qu’un geste romantique vain ?
Je ne suis pas de ceux qui aiment à frapper sur les plus faibles, ou sur les fonctionnaires. J’estime que c’est souvent infondé, et que çà cache une jalousie mal placée !
On prétend souvent que les agents de la SNCF sont pour la plus part des alcoolos, fainéants, idiots, et proche de l’illettrisme. J’ai toujours tenu le rôle d’avocat du diable lors de discutions sur cette catégorie socio-professionnelle. Mais aujourd’hui, avec ce qu’il m’a été permis d’entendre, mes détracteurs auraient eu aisément de quoi faire des gorges chaudes.
La scène est simple.
Je prenais mon train pour rentrer tôt chez moi. Le train à cette heure-ci de la journée était bondé. Je cherchai une place assise. Rien. Sauf un siège occupé par un sac. Je m’avançai, demandai à pouvoir m’asseoir, nonchalamment le propriétaire retira ses pieds du siège devant lui, ainsi que son sac du siège à ses cotés. Pour reprendre le langage des agents SNCF : « cet homme cumule les actes flagrant d’incivilité ! ».
Chemin faisant, il parla à son compagnon d’en face. Je compris qu’il s’agissait d’un conducteur de train. Par amour de son métier peut être il expliqua tous les panneaux de signalisations jouxtant la voie ferrée. Son interlocuteur, devait certainement être un nouveau.
Affligé par leurs bruits, je n’avais d’autre choix que de m’écarter d’eux ou de devoir subir leurs conversations. Je pris la dernière par flemmardise. Je n’eu pas tort !
Notre héros, se mit à parler de la période d’essai de son compagnon de voyage, et tout en pérorant lâcha un terrible (et pathétique) : « T’as une période d’essai imputrescible de combien de temps ? ».
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