Les mondanités Cannoises ont laissé place aux mondanités de Rolland Garros où partout sur les cartons d'invitations des prestigieuses soirées on peut lire « tenue de soirée correcte exigée ». Pour les béotiens, çà ne dit rien de particulier, tout au plus çà peut rappeller de mettre un costume avec une cravate. Que nenni ! derrière ces quelques mots, le smoking règne en vériatble despote! Mais au fait d’où peut venir un pareil nom pour un vêtement ?
Historiquement c’était l’habit des lords anglais dans les dîners chics mais décontractés du XIXème siècle. Lors de ces derniers, une pièce était réservée aux convives masculins voulant s’adonner aux plaisirs du cigare. Puisque tout ceux qui fumaient avaient cette veste, on a eu l’idée de la baptiser : « smoking-jacket » (veste pour fumer). Puis le temps aidant, comme toujours dans ce genre d’histoire, on est passé de smoking-jacket à smoking. Le passage dans la langue française a, comme souvent, crée un faux-ami (dénotant une incompréhension?). On a nommé notre tenue de soirée du nom de la veste, alors que les anglais ont un autre nom pour leur tenue de soirée : dinner-jacket.
Ce qui m’étonne quand même c’est de savoir que le nom de la veste n’ait pas changé depuis l’entrée en guerre contre le tabac. C’est quand même encore un vieux vestige de l’époque où fumer était un plaisir d’aristocrates et non un crime de prolétaires.
Ne sachant vraiment pas la réponse à cette question futile, je me mis à enquêter. Pas longtemps faut-il avouer car Cléo a su donner immédiatement la bonne réponse, et l'Académie Français m'a envoyé un courriel pour me répondre également.
Voici la réponse que m’a fournie l’académie Française (en espérant qu'elle plaira à Platzkot).
La profession de sage-femme ayant été ouverte aux hommes en 1980, un débat terminologique s'est engagé, dont Jean Guitton rendait compte en ces termes dans Le Figaro du 7 décembre 1981 :
"Fénelon proposait jadis à l'Académie de créer des mots, fût-ce avec un peu d'artifice. Il eût sans doute été intéressé par une "occupation" de l'Académie, appelée en novembre par un ministre à définir comment désigner l'homme qui exerce depuis 1980 la profession de sage-femme. Problème délicat, qui avait été soulevé l'an passé devant l'opinion. 174 termes étaient proposés par 250 médecins : parturiteur, obstétricien, naisseur, materniste, enfanteur, dégrosseur, sage-homme - voire même "Monsieur la Sage-Femme" (comme on dit Madame le Ministre). L'Académie a tranché : on dira maïeuticien (...).
Désormais, les maïeuticiens, les maïeuticiennes auront pignon sur rue. Je ne sais si les maïeuticiennes, fières de ce nom grec, ne regretteront pas le mot si beau, si français, de "sage-femme", qui remonte au XIIIe siècle."
Mais, contre l'avis de l'Académie, l'Assemblée nationale a décidé de maintenir pour les deux sexes l'appellation de "sage-femme".
Il est intéressant de remarquer donc que le masculin en français serait Maïeuticien, mais que légalement c’est sage-femme.
J’avoue ne pas comprendre l’avis de l’assemblée nationale, car je ne pense pas qu’elle ait quelque chose à voir dans la rédaction des définitions des entrées du dictionnaire, et surtout un quelconque regard sur les néologismes que crée les progrès de notre sociétés.
Parmi la liste d’écrivains que j’aime lire et relire se trouve cet homme. Le premier livre que j’ai ouvert, de lui était : le joueur. Je me souviens l’avoir acheté en espérant y lire un fantasme d’écrivain de plus sur l’existence d’une martingale dans les jeux de casino, et par là même rigoler de l'absence de connaissance mathématique. Que nenni !
Après quelques pages j’ai du me rendre à l’évidence : Faux et archi faux ! On y découvre une petite part autobiographique et une analyse très fine de la psychologie des joueurs. Il y décrit à merveille l’engrenage par lequel on prend plaisir à jouer de l’argent. On y va en rigolant, puis on se prend au jeu, puis on met au point une méthode, et là il est trop tard !
Après ce livre, n’ayant pas le temps de lire beaucoup à cette époque (ce qui n’a guère changé depuis !) j’avais entrepris la lecture d’une de ses nouvelles : les nuits blanches. Alors là, autant dire tout de suite j’ai été soufflé, stupéfié par cette histoire d’amour. Il y a mis tant de psychologie et de magie, que le moindre geste des héros a un érotisme fou ! (un peu comme dans le film lost in translation).
Son œuvre est riche, subtile, et un témoignage de la dure vie des pétersbourgeois et plus généralement des russes de l’époque. Des pauvres gens aux frères Karamazov, tous ces opus sont des exemples de réflexions sur la psychologie humaine, l'âme humaine, le crime, les normes de la société, et pour une certaines parties de son œuvre on peut rencontrer des réflexions poignantes et très intéressantes sur la peine de mort… Dostoïevski a été condamné à mort et ne s’est vu gracié qu’une fois attaché au poteau face à un peloton d’exécution. Enfin gracié… ce n’est pas comparable avec ce que l’on vit de nos jours. On lui a juste changé sa peine par une autre, au lieu d’avoir été passé par les armes, il est passé par la sibérie.
Même si c’est parfois difficile à lire, contenu des noms et surnoms russes, il y a tellement de talent dans ses pages qu’on ne peut pas lire un de ses livres sans être bouleversé à jamais et ne pas vouloir lire toute l'oeuvre.
En feuilletant un livre, je suis tombé sur ce mot : Melliflu. Qui sait exactement ce qu’il signifie ?
Ce mot est si peu usité qu’il figure dans la liste des 100 mots à sauver de M Pivot.
Dans son sens premier ce mot signifie : « qui distille le miel », bon alors avec çà, çà nous fait une belle jambe.
En fouinant un peu plus mes recherches, je suis tombé sur ce passage « Dans sa personne, il régnait un air digne et affable, et le son de sa voix doux et melliflu captivait » (Pétrus BOREL – champavert)
Là clairement il prend le sens de suave, doux (comme le miel). Malheureusement, çà commence à se gâter ici : « Elle parlait un mélange de français papillonnant, d’allemand sifflant et d’anglais glougloutant. Déjà commençaient à me fasciner les mots bizarres, les expressions melliflues. » (Frédéric PROKOSCH, Voix dans la nuit), où le sens mis en avant est plutot péjoratif celui de « fades », « doucereux ».
En baguenaudant chez le petit libraire en bas de chez moi, par hasard je tombe sur un livre de nouvelles Maupassant. Aimant beaucoup ce style littéraire et de cet homme en particulier, j’ouvre machinalement le livre, commence à lire un paragraphe. Je remonte mon regard jusqu’à l’inscription qui figure en haut de la page et découvre : « coco ».
Stupéfaction ! Cette nouvelle dont je ne connaissais pas le nom, je la cherche depuis que je suis en classe de 5ième.
Je me souviens parfaitement de cette histoire poignante d’un enfant brutal qui supplicie ce cheval avec tant de barbarie… elle m’avait marqué au plus profond de moi.
Comment ai-je fait pour connaître l’histoire sans connaître l’auteur, ni le titre me direz-vous?
De mémoire c’était notre Professeur de français M. Gi... qui nous l’avait lu, pour faire un travail d’écriture sur la dureté de la vie paysanne (ou un truc dans le genre). Je me rappelle la mine déconfite des libraires du bled de mon enfance à qui je racontais l’histoire en demandant s’ils ne savaient pas de qui çà pouvait être….
Je n’ai jamais eu autant de plaisir à acheter un livre. Les retrouvailles avec des personnes que l’on a aimé sont déjà très émouvante, mais celles avec une histoire qui vous a transcendée l’est encore plus.
Alors pour le coté décalé, j’étais dans le vrai, mais je ne savais pas a quel point ! Par contre pour le coté drôle, c’est plutôt pas çà du tout !
Je ne sais pas ce qui m’a gêné le plus : l’asservissement sexuel et les mutilations qu’elle subit, narrer dans la joie et la bonne humeur, ou le coté le retour de Candide qui ne retrouve pas sa Cunégonde au XXIème siècle, siècle du stupre.
Toujours est-il que les parallèles avec le nazisme sont intéressants (et volontaires ?). La mécanique imperturbable de la manipulation des foules, de la mise en quarantaine des opposants politiques et personnes gênantes pour une ascension totalitaire sans encombre, le consumérisme arrivé à l’extrême : le commerce des Hommes, sont d’une pertinence inouïe aujourd’hui encore même si c’est très romanesque.
C’est toutefois un bon livre, rapide à lire, que je ne conseillerai pas aux âmes sensibles ou à ceux qui croient encore dur comme fer à l’économie.
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